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J’ai encore eu la chance cette année d’accompagner trois petits groupes de pêcheurs français sur des rivières à gros saumons, afin d’y réaliser deux films. Du 12 au 18 juin nous étions (Gérard Leca, Pierrot Gratiat, Jean François Gros et votre serviteur) sur le splendide beat deSandbrota sur la Gaula. En arrivant nous découvrons des eaux moyennement hautes (250 m3/s) et relativement froides (8°c) et apprenons que les quatre pêcheurs qui nous ont précédé (espagnols, français et anglais) n’ont pas très bien réussi, six saumons seulement pour la semaine, comparés à une cinquantaine pour la même semaine en 2009. Steffan Jensen le jeune mais très expérimenté guide danois, nous dit que la saison est très en retard, dû aux conditions rigoureuses du printemps avec beaucoup de neige encore à fondre sur les hauts de la Gaula. Comme la pêche commence le samedi à midi nous profitons de la matinée pour aller prendre nospermis norvégiens (une vingtaine d’euros à l’année) et surtout faire désinfecter nos waders (obligatoire). Il a plu toute la nuit et apparemment sur l’ensemble du gigantesque bassin versant de la Gaula. A 13 h nous découvrons une rivière claire mais dont le débit est passé à 420 m3/s. L’eau est à 8 °c et nous pêchons les bordures avec des pointes très plongeantes. Je perds un poisson sur la canne à une main (Soie Hi .D) et Steffan perd deux très gros poissons (dont un vu et estimé à 14/15kg) qui l’obligent à descendre 400m de berge au pas de course et se décrochent en plein bouillon à plus de 150m de la semelle de ses waders. Le lendemain matin, dimanche, nous découvrons une rivière qui a monté d’un bon mètre (il a plu toute la nuit) et a beaucoup sali. Le débit est maintenant de 680 m3/s et on ne voit pasla pointe de ses pieds dans trente centimètres. Steffan nous assure cependant que la Gaula monte, descend et s’éclaircit très vite et comme la pluie s’est arrêtée, nous pourrons pêcher en début d’après midi, prévoit-il. Et effectivement vers 15h c’est redevenu pêchâble bien qu’un peu haut et teinté pour la mouche (eau à 7°c). Pas de touche pour nous, mais les membres du Club qui pêchent juste au dessus, prennent cinq splendides saumons au lancer (cuiller et ver) qu’ils viennent épuisetter en tête de notre parcours. Le lundi matin le débit estredescendu à 400m3/s et l’eau est maintenant claire. Pour la mouche c’est encore très fort, mais au dessus sur les 150 m de parcours du Club, c’est un festival au lancer à l’ondulante et au paquet de ver. La trentaine de membres qui rotationnent sur le petit pool, épuisetteront dans nos eaux (droit de poursuite oblige) et devant nos yeux ébahis 26 saumons de plus de 8kg. Ils en garderont 18 pesant de 9 à 15,5 kg. Tout ce qui ne fait pas 20 lbs est systématiquement remis à l’eau. Une nouvelle loi n’autorise en effet à tuer qu’unseul saumon par jour et quatre pour la saison, et les Norvégiens ne gardent queles très gros poissons, les meilleurs pour la fumaison. Comme je le filmais et m’étonnais que l’un deux relâcha un saumon estimé à 11 ou 12 kg, le pêcheur me répondit qu’il espérait en prendre un plus gros et effectivement deux heures plus tard, il amenait à l’épuisette un 15,5 kg… qu’il garda celui-là. Tout cela était bien beau à voir, mais mes pêcheurs et moi-même commencions à faire le nez. En fin d’après midi, je demandais à Steffan d’essayer de nous trouver une canne à lancer pour que nous participions nous aussi un peu à la fête. Je pris sur moi en tant que représentant de Lax-A, de nous autoriser, compte tenu des eaux très hautes et encore froides (7°c) à pêcher aussi à la cuiller. Steffan, décidément très efficace téléphona à un de ses amis, qui guidait sur la basse Gaula et moins d’une heure plus tard il revenait avec une très bonne canne équipé d’un Shimano contenant 250 m de 45/100 ème. Un rapide aller-retour au Salmon Center pour acheter une dizaine d’ondulantes de 40 à 50 g et le soir nous prenions un vilain 8 kg très abîmé par des traces de filet. Celui-là allait terminer en sushi moins d’une heure plus tard. Le lendemain matin, mardi, Pierrot et Jef prenait chacun au lancer un 12 kg et un 13 kg en se partageant la canne. Les niveaux continuaient de baisser mais restaient au dessus de 300m3/s nous assurant qu’aucun saumon ne pouvait franchir le terrible rapide du Gaulfossen situé environ 1,5 km en amont. Pour le Club comme pour nous la fête allait pouvoir continuer. La température était le matin de 9°c et le soir de 10°c et à la mouche en intermédiaire je prenais coup sur coup en fin d’après-midi un 10 et un 11 kg. Steffan en prenait deux lui aussi de plus de 10 kg. Entre temps, Pierrot ayant fait une chute, se retrouvait avec un pied très enflé qui ne rentrait plus dans le chausson du waders (nous apprendrons en rentrant à Paris, douze jours plus tard, qu’il avait en fait une double fracture de métatarsiens) et comme avec le niveau qui baissait les saumons se tenait maintenant en plein milieu de la Gaula, je prenais plusieurs fois la canne à lancer et lui ferrait quelques poissons qu’il sortait ensuite « à pieds secs ». Pour résumer nous avons pris 23 gros saumons en cinq jours effectifs, dont six à la mouche pour moi, trois pourle guide qui pêchait le soir avec moi, et donc 14 au lancer. J’étais le seul avec le guide, à pêcher avant 10 h du matin et après 7 h du soir (pour raison de coupe du monde…mes coéquipiers restaient scotchés tous les soirs devant la télé écran plat du lodge)…. En fait nous avons très peu pêché : le mercredi par exemple, alors que la pêche continuait d‘être excellente, nous avons voulu aller voir et pêcher l’Orkla (une heure de route) où la veille un copain de Steffan avait pris un 22 kg… Pour nous bredouille, mais découverte d’une splendide rivière de taille moyenne…. Et personnellement je passais beaucoup plus de temps à filmer les exploits des membres du club (Huit K7 enregistées) qu’à pêcher sérieusement. Si nous avions pêché à quatre bons pêcheurs (mouche et lancer) je suis sûr que nous aurions pu prendre autour de 100 gros saumons dans la semaine…. Pour une fois nous sommes tombés pile-poil…. Le vendredi matin sous une pluie battante de nouveau avec Pierrot et son pied cassé, nous sommes partis pour Kirkenes, à la frontière russe afin de rejoindre Mourmansk puis la Varzina, mais ceci est une autre histoire… A SUIVRE…. Pierre Affre
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