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Catalogue 2009

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Highlights 2009
LOWER YOKANGA : NO RIVER FOR OLD MEN
19-08-2010

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 Pierre AFFRE / La basse Yokanga 

Vendredi 25 juin. L’hélico qui ramène le groupe précédent arrive vers 11h. A dix cannes ils ont pris 105 saumons (tous gros, dont plusieurs de plus de 30 livres). Arni me dit que la rivière a beaucoup baissé et que les niveaux sont maintenant excellents avec une température autour de 12 à 14 °c. Là encore, rajoute-t-il, il y a moins de saumons que les années précédentes, mais ils sont très mordeurs et leur défense est terrible. Le groupe de pêcheurs expérimentés qu’il accompagnait a pris moins d’un saumon sur deux ferrés. Bigre ! Pour, paraît-il, des raisons d’espace aérien réservé aux militaires, nous ne décollons qu’à 15 h 30 et après deux petites heures de vol arrivons au camp de la basse Yokanga. Ici pas de somptueux lodge à l’américaine, comme celui que gère Frontiers à une quinzaine de kilomètres en amont, mais un camp de solides tentes pour deux personnes, avec des lits en dur, posées sur des planchers surélevés en bois. Un dîner nous attend et à 19h ceux qui le désirent peuvent aller tenter leur chance au Home pool, situé à quinze minutes de marche en contre-bas.  L’équipe de France au grand complet, nous sommes cinq à partager la pêche avec trois Américains, un Anglais et un Finlandais, décide d’aller voir les lieux de nos futurs exploits… Nous pêchons environ deux heures, une multitude de « poches » reposoirs réparties sur les deux kilomètres de fort courant du « Home pool ». Joël prend un 7kg et un grilse, Jean-Claude casse un beau devant ce qui deviendra son caillou et quant à moi j’en décroche un d’environ dix kilos sur ma 12 pieds Hardy Wood, trop légère pour cette rivière.

Le lendemain Samedi, le tirage au sort nous a attribué le fameux Golden pool situé de l’autre côté des deux grandes îles qui le séparent du Home pool. Autant ce dernier n’est qu’une succession de courants, ménageant des reposoirs d’une dizaine à une trentaine de mètres, autant le Golden est un immense pool d’anthologie, qui démarre au bas d’un terrible rapide dont 80% de la masse d’eau s’engouffre vers la rive gauche et les pockets du Home pool. Dans le Golden, le courant s’assagit et sur environ 300 m tire juste ce qu’il faut pour faire nager à la perfection une mouche depuis la tête jusqu’à la queue de pool qui se termine par un splendide « miroir » où le courant s’accélère à la queue de l’île, avant de repartir dans les rapides d’aval. A peine arrivés, dans le courant de tête Jean-Claude accroche et prend un splendide 9 kg tandis qu’Antoine après dix bonnes minutes de bagarre perd un poisson que nous estimons autour de 11 kg. Vers 11h30 le guide nous traverse sur l’île. Jean-Claude et Antoine  remontent en tête de pool, je descends vers le lisse de queue de pool et au deuxième passage mon riffling Hitch m’assure un 9 kg couvert de poux de mer….trois lancers plus tard et c’est un 8kg…et j’ai vu pendant que je bagarrais ces deux saumons au moins cinq ou six différents poissons qui marsouinent dans le lisse. J’arrête de pêcher et vais chercher Jean-Claude qui n’a jamais pris de saumons en Hitch… Et là c’est un festival de râtés, décrochés et cassés. En moins d’une heure alors que je filme la dérive en surface de sa mouche, il enregistrera 8 ou 9 attaques. Au début malgré mes admonestations il enlèvera sa mouche ou ne piquera que du bout du bec plusieurs gros poissons qui viennent à moins de dix mètres de nous roule ren surface pour prendre le Hitch. Ayant peur qu’ils ne descendent dans le rapide d’aval il en cassera deux (fil de 45/100 ) en les bridant un peu fort et ensuite en décrochera encore quatre ou cinq autres ferrés trop vite. A sa décharge il est vrai que pour un pêcheur habitué aux truites, voir monter en surface pratiquement sous sa canne un saumon qui sort à moitié de l’eau pour prendre le Hitch, incite par reflexe à ferrer en levant la grande canne et par conséquence à enlever la mouche des mâchoires du saumon avant qu’il n’ait eu le temps de replonger.

Finalement le guide lui en épuisera deux d’environ 7/8 kg, beaucoup plus petits que la plupart de ceux manqués.  Après le déjeuner, c’est au tour d’Antoine d’attaquer en Hitch, mais sur la bonne quinzaine de saumons postés dans le lisse, presque tous ont été soit cassés, piqués ou décrochés par Jean-Claude et ils ne viennent plus aussi facilement. En noyée classique Antoine prendra un joli 8 kg. Vers 17h après avoir fait une escapade d’une heure au pool « dix-huit » (situé à environ un kilomètre en aval du lisse de queue du Golden) ou je décrocherai deux poissons dont un après vingt minutes sans jamais le voir, je retourne en tête du Golden et là il m’est arrivé quelque chose que je ne croyais pas possible au saumon. En bordure du courant de tête du golden, côté île, et alors que je m’avance en promenant mon grand riffling sous la pointe de ma 13 pieds Sharpe spliced, en me disant qu’il y aura peut-être là un grilse ou un petit saumon, je vois non pas monter mais émerger dans environ 60 cm d’eau un saumon d’environ 20 kg qui reste là avec mon Hitch dans l’encoignure des mâchoires. Dans si peu d’eau ce gros poisson ne peut pas replonger et reste comme immobile en surface à moins de cinq mètres de moi. Aussitôt je serre au maximum le frein de mon gros Loop et j’assure un ferrage simplement en tirant ma canne à l’horizontale vers l’arrière. Et là, dès qu’il ressent le fer de l’hameçon, ce poisson frein serré au maximum, démarre en remontant le terrible rapide d’amont et me prend la soie et 80 m de backing en une dizaine de secondes, pendant que j’essaie de rejoindre le bord distant d’à peine six ou sept mètres. Pendant ces dix secondes, il m’est impossible de relever la canne tant le frein est serré et la tension du poisson soutenue, et au milieu des blocs de rochers du rapide la soie ou le backing finissent par se coincer avec  casse du bas-de-ligne. Si je n’avais pas vu aussi distinctement ce saumon, qui faisait autour de 20 kg, j’auraisjuré avoir accroché un poisson d’au moins le double de ce poids…

Depuis vingt ans que je pêche à Kola et que j’ai pris ou bagarré et perdu nombre de saumons pesant entre 30 et 40 livres, toujours jusque là avec des moulinets sans frein, type Zénith ou Perfect  de Hardy, je ne pensais pas ressentir la même violence et fulgurance de démarrage que peut faire un tarpon de 80 livres ou un permit de 40 livres. Le frein de mon gros Evotech était d’ailleurs réglé pour le tarpon et je me demande encore aujourd’hui comment ce saumon a pu remonter le terrible courant du rapide en déroulant  soie et  backing avec une telle facilité….

Le soir au lodge, les deux américains nous diront qu’ils ont perdu chacun une soie dans le sillage de gros poissons au milieu des blocs de rochers. Joël et Pierre sur le parcours de l’aval (lupskaïa) ont pris un grilse et trois beaux saumons de 8,10 et 11 kg, Ismo le pêcheur finlandais deux 10 kg et son fils de 15 ans un 8 kg.

En pêchant le Golden pool le premier jour nous ne nous doutions pas que nous étions en train de manger notre painblanc… En effet, hors ce pool et le Home pool, qui  sont en dessous du camp,  les autres parcours nécessitent une bonne heure de marche dans la toundra pour y accéder et ensuite du crapahut le long des berges dans des laisses de moraines glaciaires… Dans la partie aval de la Yokanga, compte tenu de la forte pente du cours d’eau et de son lit encombré de gros blocs ronds et glissants, le wading est pratiquement impossible. Quand nous sommes arrivés, la dernière semaine de juin, l’eau avait considérablement baissé et les saumons remontaient et stationnaient dans la veine centrale du cours d’eau et les longs lancers avec des 15 pieds étaient nécessaires pour atteindre les tenues. Les trois semaines précédentes, quand la rivière coulait haute, forte et froide, les poissons remontaient et se tenaient sur les bordures et étaient beaucoup plus facile à couvrir. Quoi qu’il en soit, la basse Yokanga est de l’avis d’Arni, avis que je partage totalement, la plus physique des rivières à saumons de la planète. Je ne vois guère que la Thompson en Colombie britannique pour lui être comparée. Le hic c‘est que quand j’ai pêché la Thompson, en compagnie de Jack Hemingway, j’avais quarante ans et qu’aujourd’hui j’en ai vingt de plus…. En crapahutant sur les bords de la Yokanga je suis tombé violemment trois fois avec pour résultat le sternum enfoncé, deux côtes fêlées, une phalange cassée et une dernière chute sur le visage qui aurait pu être beaucoup plus grave…. Si je retourne sur la basse Yokanga fin juin, je pêcherais non pas en waders, (l’eau était entre 12 et 16 °c) mais avec de vraies chaussures d’escalade qui accroche sur les rocs au lieu de ces ridicules chaussures de wading à semelle lisse de feutre que nous offre le commerce.

La météo peut être très changeante avec grand soleil et fort vent du nord rendant les lancers pratiquement impossibles depuis la rive droite un jour et petite pluie tiède sans un souffle d’air (bonjour les moustiques) le lendemain. Le soir au « réfectoire » les dîners se suivent et hélas se ressemblent : boulette de viande, escalopes de porc panées, ragout genre « strgonof »… Le midi au bord de l’eau, un œuf dur, deux tranches de pain mie, une rondelle (pas deux) de salami russe et une mini tranche de jambon imbibé de nitrates. J’allais oublié la barre de Mars ou de Nuts…. il a fallu, le quatrième soir que je décide de descendre au home pool  (pendant que tout le monde sur la télé satellite, regardait les quart ou demi finale du foot) pour essayer de ramener un saumon pour la cuisine. Bien et mal m’en ont pris car si j’ai capturé tout seul après moult péripéties,  un splendide poisson de 13 ou 14 kg, j’ai trébuché en voulant le remonter au camp et je me suis du même coup enfoncé le sternum et fêlé deux côtes…. Inutile de dire que j’ai laissé le poisson au bord de l’eau, non sans l’avoir recouvert de mousses et de feuillages. Le lendemain sur mes indications, Ismo remontait mon poisson dans son grand sac à dos de coureur des bois finlandais. Et comme il sait faire le sushi, le gravlax et le saumon au barbecue, nous avons eu pour la fin du séjour, autre chose au menu que de la soupe et des boulettes de viande. Et même Gary, intégriste américain du No-kill, dût reconnaître que cru, mariné ou grillé, le saumon il aimait ça….

Au total, à dix cannes, nous avons capturé 82 saumons dont seulement une dizaine de grilses. le Golden était vraiment la valeur sûre, puisque quand ce fut leur tour d’y pêcher, Joël et Pierre y capturèrent 4 saumons de 9,9, 10 et 11 kg et en perdirent autant. Mais à part sur ce pool de stationnement, il y avait peu de poissons dans les autres pools et encore moins de montées. Les deux derniers jours, ne pouvant plus crapahuter, je me limitais aux pockets du home pool qui restaient désespérément vides…Mais tous les soirs après le dîner, Jean-Claude faisait son saumon au caillou où il avait cassé le premier soir…

En moyenne nous avons pris un saumon sur trois ferré, ce qui est une bonne moyenne sur la Basse Yokanga. Plusieurs soies ont été perdues dans le sillage de gros ou moyens poissons et à la fin du séjour tout le monde me demandait du 45/100 ème Kroic GT qui de loin fut le meilleur nylon de la semaine.

Pierre Affre 

 

 
VARZINA du 19 au 25 juin 2010
14-08-2010

Avec Pierrot Gratia, nous avons sauté le dernier jour de pêche sur la Gaula pour nous rendre via Oslo à Kirkenes ville frontière avec la Russie où nous avons pris le bus de Mourmansk. Cinq heures et quelques trois contrôles de passeports plus tard, nous retrouvons au Poliarné Zori hôtel, Vincent Lalu et Michel Dassé qui viennent d’arriver de Paris.  Demain, samedi vers 15 h départ en hélicoptère pour la Varzina. Arrivée au splendide lodge après deux heures de vol. Discours de bienvenue et Alexeï le chef des guides nous refroidit un peu en annonçant que malgré un niveau et une température de l’eau excellents, les prises sont environ à 25% de la moyenne des dix dernières années. C’est d’ailleurs général sur l’ensemble des rivières de la péninsule de Kola… Certes l’hiver a été rude en Russie comme partout ailleurs en Europe, mais le printemps a ensuite été très précoce et sur l’ensemble des rivières, Ponoï comprise, les saumons ne sont simplement pas au rendez-vous.

Sur la Varzina sept excellents pêcheurs anglais habitués de la rivière ne comprennent pas pourquoi les pools sont vides ou presque, alors que les niveaux sont excellents et la météo idéale. Statistiquement cette troisième semaine de juin est normalement la meilleure sur cette rivière avec une moyenne de 190 gros saumons (aucun grilse en cette période de l’année) capturés par dix cannes. Le premier matin le tirage au sort nous a donné le Golden beat, splendide successions de trois pools situés en dessous du lodge….avec Vincent nous ratissons consciencieusement avec pour seul résultat un petit 8 kg qui prend en greasedline à midi.

L’après-midi nous interchangeons les parcours avec Pierrot et Michel, qui n’ont rien vu de la matinée. En arrivant sur Hourglass, au deuxième lancer Vincent accroche en plein courant un méchant 8/9 kg qui le casse en vue de l’épuisette, il en décrocher un deuxième du même acabit en queue de pool. Enfin d’après midi dans un petit reposoir je ferre et prends un 9 kg tout blanc avec poux de mer qui me donne bien du fil à retordre et que le guide épuise 400m en aval de là où je l’ai ferré. Pierrot et Michel au golden ont pris un 7 etun 8 kg et décroché deux autres poissons. Le soir au lodge, le moral remonte un peu avec 14 poisons (tous gros) capturés dont sept au fameux Finn pool. Le lendemain pas la moindre tirée, ni pour Vincent ni pour moi. Pierrot est le héros du jour avec un saumon tout blanc d’1,09 m estimé à un peu plus de 30 lbsce qui lui vaudra une médaille. Michel a pris deux « petits » de 5 et 6 kg et sur le Finn pool deux poissons ont été capturés…c’est tout…

Le mardi petit tour en hélico pour pêcher la Drozdovka. Vincent prend un kelt en pleine forme de plus d’un mètre de long et Michel le même mais tout frais arrivé del’océan. La Drozdovka qui se jette dans l’estuaire de la Varzina est une petite rivière que 4 cannes pêchent une journée de la semaine à tour de rôle. Le lendemain, mercredi nous sommes enfin sur le Finn pool, parcours d’anthologie ou 4 pêcheurs se partagent les deux rives d’un gigantesque pool sur plus de quatre cent mètres de long. Des blocs de rochers cassent le courant qui dévale d’un immense rapide en amont et laissent augurer avec une eau à 14°c quelques belles tirées…. Mais seul Michel tirera son épingle du jeu avec un splendide 1,10m (estimé à 32 lbs) suivi de deux autres de 94 et 88 cm…. En tout une petite dizaine de saumons seulement ont été capturés et le moral des troupes anglaise est au plus bas.

Le soir après le diner un petit tour au Golden me rapportera un 8 kg qui sans doute venait d’arriver avec la marée. C’est mon dernier jour de pêche car si je veux attraper la rotation d’hélico pour la Yokanga qui se fait le vendredi et non le samedi, il faut que je profite demain jeudi de l’hélico de la Varzina qui doit aller refaire le plein de kérosène à Mourmansk. Je saurais plus tard que les deux derniers jours sur la Varzina n’ont guère été meilleurs et qu’en tout seulement 64 saumons auront été pris par les dix cannes. Petite consolation, nos basco-béarnais sont les champions tant en poids qu’en nombre de saumons, avec une douzaine capturés à eux deux. 

P. A. 

 

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15,5 kg; 12 kg et 9 kg pour le club
09-07-2010
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Jef avec un 12 et 13 kg
09-07-2010
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Pierrot et son 12 kg
09-07-2010
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